LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: LES MAIRES DE DURAS DE 1898 À 1995 PAR RENÉ BLANC

Les maires de Duras depuis 1898,  par René Blanc 

Jean Estève  fut maire de 1898 à 1900. Son père Léonard avait été maire de 1874 à 1877. Il eut la joie de recevoir en octobre 1899 le premier train en gare de Duras. Quelques jours avant, il saluait dans la grande salle des Maréchaux, une centaine de cadres, ingénieurs et autres ayant œuvré à cette belle réalisation et venus faire banquet en notre monument.

Benjamin Rouquette fut maire de 1900 à 1904. Peu de choses sur lui, mis à part qu’il possédait un joli jardin dans le quartier des écoles avec terre arable, arbres de différentes variétés, une allée centrale et des chasselas tout du long. Lorsqu’il mourut et selon son désir il fut enterré tout au fond de l’allée centrale (où j’ai connu sa tombe). Vers 1960, la commune  acheta ce terrain pour y élever un collège. Mr Rouquette dort sous les bâtiments du collège pour l’éternité. Avec lui disparut l’affreuse halle en bois remplacée par celle en fer en 1902.

Pierre Salimon fut maire de 1904 à 1912. Il fut une personne affable et bien pensante. Il fut le maire de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. On lui doit la construction de l’école dite des filles et de l’autre côté de la route celle des garçons (aujourd’hui le collège). Ce fut l’époque des agressivités contre l’école des religieuses. Les luttes laïques étaient menées par le sieur Jean Morin, directeur d’école et grand maître de la loge maçonnique de Monségur. Monsieur Salimon clôtura le dossier du chanoine Aureilhe (transformation de la grande salle du château en église), il fut le maire de l’électricité, celui qui utilisa le premier téléphone, fit construire l’abattoir et un lavoir pour les dames. Il eut peur des premières automobiles.

Paul Persil fut maire  de 1912 à 1914.  Il était boulanger à Duras. Il s’insurgea contre la guerre en préparation l’estimant comme une tuerie inutile. Il était proche parent du premier député radical socialiste de l’arrondissement de Marmande Léo Meilliet. Le caveau Meilliet/Persil est situé à l’entrée de l’ancien cimetière. 

Alfred Lavollé. Il fut maire de 1912 à 1919.  Il est le maire de Duras durant cette « grande guerre ». Douloureuse charge pour lui, d’aller apporter dans chaque famille la disparition d‘un des leurs. 62 enfants de Duras disparurent dans cette tourmente.

Raoul Goudounèche. Il fut maire de 1919 à 1921. Négociant. On lui devrait l’érection du Monument aux Morts.  Il fut inauguré le 15 juin 1924.

Au recensement de 1921, le nombre d’âmes du canton est de 6487. L’exode rural continue inexorablement.

Martial Casse dit Cassius. Il fut maire de 1921 à 1925. Issu d’une riche famille de paysans, habitant au lieu-dit le Duc, il administra sagement notre commune.

Jean Bousquet.  Il fut maire de 1925 à 1937. On lui doit l’électrification de la gare et ses environs dès 1923, puis de la commune entière, du revêtement bitumé des routes principales (travaux du Conseil Général), de l’adduction d’eau de la ville, de la restauration de l’Eglise, des séances de cinéma muet pour les enfants de l’école tous les samedis, gratuité des fournitures scolaires et organisation de la cantine. 

Jules Brisson. Il fut maire de 1937 à 1943,  greffier de justice de paix. Il dut recevoir et loger une foule de réfugiés espagnols fuyant la dictature du Général Franco 1939. Puis ce fut les réfugiés alsaciens, les nordiques poussés par l’avance des troupes allemandes. Il organisa une aide sérieuse pour les prisonniers de guerre. Lorsqu’ en 1943 la Résistance s’organisa il souhaita rester maire sous le régime de Vichy. Mais le chef de la Résistance François Laguerre décida de « mettre » Abel Lachaize  au détriment de Jules Brisson.

Louis Virol. Il fut maire de 1943 à 1944 nommé par Vichy. Sympathisant à la politique de Pétain, sans avoir commis de délation. Période très sombre pour le pays de Duras.

Abel Lachaize. Il fut maire de 1944 à 1947, commerçant, il régla en honnête homme les affaires des suites de la guerre de la Résistance puis démissionna. 

Pierre Soubie. Il fut maire de 1947 à 1950. Enfant du pays, il fut commandant dans l’armée. Peu de choses à son actif, il mourut jeune. 

Louis Grasseteau. Il fut maire de 1950 à 1953. Docteur en médecine très estimé. Durant son mandat apparaît le corps des sapeurs pompiers. Il se retira de la vie municipale en vieillissant.

Pierre Cayre. Il fut maire de 1953 à 1965. Fils d’un maçon, il s’engagea dans la gendarmerie et grâce à son zèle et à son intelligence il accéda au grade de colonel. L’on doit à Mr Cayre, la caserne de gendarmerie dont il souhaitait qu’elle portât son nom, et l’amélioration du corps des sapeurs pompiers.

Aucun des maires  suscités ne souhaitèrent et même s’opposèrent à l’acquisition du château par la commune, parce que non rentable et objet de dépenses pharaoniques. 

Paul Delbary maire de 1965 à 1971. Mécanicien automobile. Il est le maire qui acheta au nom de la commune le château de Duras en 1969 et classé Monument Historique en 1970 dès le passage d’Edmond Michelet ministre de la Culture d’alors et de Lucien Chollet, conseiller général du canton.

Lucien Chollet. Natif de Savignac de Duras, Il fut maire de 1971 à 1995, mandat le plus long des 31 maires depuis 1793. Homme de bonne rencontre, personne accessible toujours prête à rendre service. Durant son mandat, on lui doit : la restauration du château, l’aménagement du terrain de sports, d’une halle des sports, d’un camping près du château, d’une cantine scolaire, réfection du collège, d’une bibliothèque de prêt, de la MARPA, restauration d’une partie du village, d’une caserne de pompiers, la maison de Pays, démolition du château d’eau le 14 janvier 1988.

Je dois en oublier tant son conseil municipal et lui, par sa diplomatie ont réalisé grâce à de multiples interventions Etat Région Département, Commune.