LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: LES PREMIERS HOMMES EN PAYS DURAQUOIS PAR RENÉ BLANC

René Blanc : Les premiers hommes en pays Duraquois 

C’est grand dommage, Madame, que vous n’ayez pas connu Célestin B. dit «  pisse-à-gauche » à cause d’une jambe « torte » qu’il tenait de naissance.

Le soir, quand il était tout imprégné du bon vin de nos collinettes, il philosophait à sa manière disant : «  Mon « drolle », l’homme a toujours été le plus gros parasite de la terre ! » et de développer… 

« Ce diable d’animal, pur produit de notre planète, a l’instinct de manger tout ce qui vit sur terre, dans les airs et dans les eaux. Il est dit : les premiers hommes furent des prédateurs, fauves et pillards. C’était il y a deux cent mille ans ! croit-on ? Sur le haut de leurs coteaux, nos amis d’Eymet ont trouvé des preuves de ces temps sous forme de silex taillés de façon rustaude. Puis des froids terribles auraient fait leur apparition, refoulant les hommes je ne sais où. Ce sont les glaciations de Gunz, Mondel, Riss, et Vurm, baptisées ainsi à cause des noms de rivières alpines dont l’étude a permis d’établir cette chronologie. Après chaque glaciation, notre «  parasite » réapparaissait toujours plus raffiné de corps et d’esprit.  

L’existence de l’homme en pays Duraquois daterait de 80 000 ans c’est-à-dire, si j’en crois mes savantes gens vers le début de la dernière glaciation ( Vurm). Des silex sont déposés au musée de Duras. A cette époque notre région était couverte de forêts dans lesquelles vivait une foule d’animaux  sauvages. Ces animaux que la soif attirait, descendaient boire au ruisselet qui se tortillait en bas de l’à-pic. D’autres fois, des hardes de bêtes parcouraient ces vallons selon leur caprice ou celui du temps.  De toute façon, les hommes les guettaient, puis les attaquaient avec force, comme font les lions aux troupeaux de gazelles. C’est pourquoi, lorsque nous cherchons des silex, premières armes des hommes, nous avons la chance de les trouver sur le haut des à-pic, nommés « costière » de par ici. Si la patience vous habite, vous trouverez grâce aux éclats de silex, les endroits qui furent des ateliers de façonnage de divers outils. Puis, infailliblement vous découvrirez, non loin de là, une source aux eaux claires, car l’homme méfiant, connaissait déjà la vertu des eaux. 

Ces vallons furent des havres de vie pour nos ancêtres lointains, et ce durant toute la période qui s’étend du paléolithique supérieur au néolithique. En plein néolithique, l’intelligence de l’homme semble s’agrandir. Il polit ses outils, travaille finement les os, se fait pêcheur, et vit plus dans la vallée du Dropt et les grands espaces des vallons que sur les coteaux. Grâce à leur formation géologique, nous voyons que la plupart de ces haches polies sont confectionnées avec des galets de Garonne ou de Dordogne, ce qui nous indique un certain nomadisme de l’homme  au néolithique.