LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: LES BAIGNADES D’ANTAN DANS LE DROPT PAR RENÉ BLANC

René Blanc : Les baignades d’antan dans le Dropt 

Voyez  ce que  Monsieur Guillerm a déniché dans les grimoires de la Sauvetat du Dropt  au 19ème siècle : « Nous, maire de la commune  arrêtons »…

Article premier : Il est expressément  défendu de se baigner sans caleçon à moins de quatre cents mètres en aval du vieux pont. 

Article deux : Les femmes se baigneront dans l’espace  compris entre le vieux pont et le pont neuf. Il est absolument interdit aux hommes de s’y baigner sous quelques prétextes que ce soit. 

Article trois : Les hommes pourront se baigner en dessous du  vieux pont à moins d’être à cent mètres de distance des femmes et les femmes ne pourront sous aucun prétexte se baigner à cet endroit.

Article quatre : Le garde-champêtre est chargé de faire exécuter le présent arrêté. C’était le 12 juin 1866 et le deuxième arrêté qui reprenait celui de 1863. Les Sauvetatois aimaient se baigner dans la plus simple expression, tous sexes confondus, et semblaient se moquer du décret municipal puisque en 1868 le maire lança un nouvel arrêté

« Puisque les hommes se baignent à l’endroit réservé aux femmes, et les femmes dans celui des hommes, arrêtons » !

Article 1 : Les hommes se baigneront en aval du vieux pont, et les femmes en amont. 

Article 2 : Il est expressément défendu tant aux hommes que femmes de se baigner «  sans costume ». Fait à la Sauvetat le 29 juillet 1868.

Rien n’y fit. Il fallut que le Parlement vote une loi sur les atteintes à la pudeur le 28 février 1906 pour que les costumes de bain enveloppent convenablement  le corps de nos baigneurs. 

Depuis, ils se sont bien amoindris et leur texture est si étroite, légère qu’un moindre vent ou geste risquent de les faire disparaître à nouveau …..