LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: LE PAIN SEC, D’APRÈS RENÉ BLANC

Le pain sec d’après René Blanc (histoire personnelle) 

Ma chère sœur était déjà jeune fille, quand de sa chambre un soir, mes parents entendirent des cris de terreur hystérique ! Et de bondir tous les deux dans la chambre pour voir leur fille tétanisée et se mordant les doigts.

« Qu’est ce  qu’il ya » crièrent en chœur mon père et ma mère ! 

« Là, dans le lit… J’ai peur, j’ai peur ! » 

Mon père, d’un geste vif fit voler la couverture pour découvrir trois lézards affolés qui ne savaient que faire. Mon père les rafla et les passa par la fenêtre. 

Ne t’inquiète pas, dit ma mère, demain matin nous réglerons les comptes ! C’est le cache-nid ! En patois cache niou) le dernier de la fratrie qui a fait ça,  je l’ai vu cet après-midi ramasser ces bestioles et les mettre dans une boîte. 

Ce cache-nid qui était mon frère, fit à ma mère un après midi une espièglerie,  loin de la faire rire. Furieuse elle lui lança : 

« Puisque c’est comme ça, à quatre heures, tu mangeras ton pain sec ». 

Nanti d’une belle tranche, il alla à la pompe du jardin,  et l’arrosa copieusement. 

Rageur il répliqua : « Eh bé, tu vois, je ne mangerai pas sec mon pain » !  

Prise d’un fou rire, elle se demanda si c’était bien elle qui avait fait naître  un pareil coquin ? 

Cet exploit lui valu un morceau de chocolat.