LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: ALBÉRIC D’APRÉS RENÉ BLANC

ALBERIC, d’après René Blanc 

Albéric était métayer chez Monsieur le Comte de Marcellus en la commune de Gironde. Gravitait autour de son château, une foule de maisons logeant les domestiques qui le dimanche matin attendaient impatiemment le passage de dame Basille qui vendait ses gâteaux, plaisir de ce jour-là. Bien assise sur une carriole que tirait une sage ânesse, elle allait de maison en maison vendre ses gâteries. 

Pour rire un brin, vice des espiègles, notre Albéric qui possédait des piments de Cayenne en son jardin, décida d’en broyer une poignée et pendant que ces dames commerçaient, l’air de rien, faisant le caresseur, frotte les parties nobles que l’on dit postérieures de la bête. L’effet fut immédiat faisant s’envoler la sagesse de notre douce bête. Elle se mit à pousser des braiements rageurs,  ruant, et lançant furieusement ses pattes arrière contre la carriole.

C’était à l’époque où l’on venait de voler la célèbre Joconde en son musée du Louvre.

Et voilà  notre attelage, avec Dame Basille de filer à grande vitesse en essayant à tout prix d’en freiner l’élan. Les clients de crier «  Mais ou vas-tu Basille »

« Eh ! Couillon je vais chercher la Joconde, mais je repasserai ! » 

Elle ne repassa que le dimanche suivant. Quand elle arriva chez Albéric,  ce dernier souriait de la plus innocente manière. Dame Basille prit un seau, le garnit d’eau à l’abreuvoir des vaches et d’un seul élan, tira sur le devant du pantalon qui cache la noblesse de l’homme,  et y versa dessus le contenu du seau en disant : 

« C’est pour te le  refroidir… Hé au fait, on a retrouvé la Joconde !!!! »,