LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: LES CHASSES D’AUREL PAR RENÉ BLANC (suite 1)

Les Chasses d’Aurel Suite 1 

Les oies sauvages

Parmi les passereaux qui traversent à l’automne notre belle vallée du Dropt nous connaissons les oies sauvages et leur vol en triangle. Bestioles sans saveurs aussi appelées grues. Quand vient le soir, harassées par un trop long vol elles descendent en criaillant pour se poser et passer la nuit dans notre basse plaine, à côté de la maison de notre  ami Aurel. Il savait qu’au petit matin, avant de repartir, elles feraient des ravages dans son jardin. Furieux et n’osant pas trop sortir, il prend cartouche, arme son fusil et pan ! pan dans la cheminée. Il tomba sans mentir quatre brouettes de  suie, et quatre grues, dont il ne sut que faire !  

Le lièvre

Aurel, n’ayant plus  de plomb à cartouches, les garnit avec ces clous à ferrer les sabots. Un génie ! En longeant l’orée d’une garenne, il débusqua un beau capucin. Il tire rapidement et court pour saisir l’animal. Et là, il le vit clouté par les oreilles à un tronc de noyer !!!  

L’heure

Aurel avait une vue extraordinaire. Un jour d’ouverture, quelques amis chasseurs passèrent par chez lui, sur le tard d’une longue journée. Et de raconter chacun les modestes exploits de la journée. Puis d’un coup de s’inquiéter : « Ho Aurel, tu as l’heure ? » Bon homme, il abaissa d’un pet la visière de sa casquette et sourcils froncés fixa attentivement l’horizon sur lequel pointait la flèche d’un clocher lointain planté à 4 ou 5 km de là. «  Les gars, il va être 6h ! » Les autres un brin étonnés, lui demandèrent comment il voyait l’heure. « Mes pôvres, ma vue fait la curiosité des docteurs à cause de sa puissance. Croyez-le ou ne me croyez pas, mais d’ici sans trouble je lis l’heure au clocher de Lévignac ! »