RENCONTRE PHOTOGRAPHIQUE …..AVEC L’ÉTABLE AUX VACHES DE PIERRE VINCENZI 07/03/2020

L’étable aux vaches 

Je me revois encore,  monter le chemin qui partait de la route départementale pour gagner la ferme de Jean et Marie Louise, à l’heure de la traite. Mon pot à lait en fer blanc à la main, j’étais heureuse de  rejoindre ce couple, avec qui j’allais vivre une demie- heure de bonheur.

L’étable jouxtant  la grange, abritait dans ces années 60, quatre à cinq vaches laitières. Cette grange n’était éclairée que par la porte ouverte, et une ou deux petites fenêtres, tapissées de toiles d’araignées. Une odeur d’ammoniac, de paille et d’haleine animale me saisissait les narines. Mais j’aimais cette odeur particulière.

Les vaches attachées passaient la tête dans les ouvertures prévues à cet effet afin d’attraper le foin du râtelier. Les mouches tournoyaient dans la chaleur animale et à la saison, les hirondelles bâtissaient leurs nids, sous les poutres vieillies. « Rude » le chien de la maison  rôdait aussi, lapant au passage des perles de lait, tombées ici ou là.

L’heure de la traite était venue. Marie Louise s’asseyait sur un petit tabouret à trois pieds, appuyait sa tête contre le flanc de l’animal, attrapait les trayons qu’elle tirait de haut en bas en un mouvement cadencé. Un jet blanc de lait encore fumant, droit comme un trait, tombait dans le seau posé au sol. Quelques fois, lançant une patte en avant, agacée par une mouche, la vache en cours de traite, renversait le seau, faisant rager la fermière !  

A l’aide d’une louche, elle me remplissait le pot à lait qui ferait le bonheur de la maisonnée. Et puis, il y avait en plus, le petit verre de lait tiède, bu presque au « pis de la vache »que Marie Louise me donnait comme une récompense. L’écume blanche me laissait des traces au coin des lèvres, que je continuai de savourer d’un revers de langue.

A l’arrière de la grange, le tas de fumier, laissait échapper des volutes de vapeur. Il croupissait depuis de longs mois. Le purin s’écoulait du fond en minces filets nauséabonds. Ce tas de fumier était le décor des fermes d’autrefois. La volaille, se délectait à gratter cette paille à la recherche de vers. Le coq perché du côté du plus du tas, lançait des « cocoricos » tonitruants.

Ces étables de vaches à l’ancienne, ont presque toutes disparues. Le bonheur d’en avoir encore trouvé une, chez René et Pierre Vincenzi a permis de faire de très belles  photos et un joli reportage.

Dany Blanc