RENCONTRE PHOTOGRAPHIQUE AVEC……..GOVRACHE PRÉSENTÉ PAR UN P’TIT VERS DE DROPT 24/11/2019

Govrache une belle âme ! 

Une parenthèse enchantée s’est ouverte avec Govrache, slameur au verbe parfaitement poli (mais impoli) lors du spectacle d’Un P’Tit Vers de Dropt (qui fêtera ses 15 ans en 2020) chez Jacques Bireaud. Finesse, douceur, émotion, insolence ont été au rendez-vous de ce joli moment. Belle écriture de poète sur l’humain, au sens le plus noble du terme, les laissés pour compte, les solitaires, les sans travail. Belle écriture aussi sur les injustices de la vie, le droit de manifester, l’appel à la désobéissance et non à la haine. Et là, « ce n’est pas une insulte, c’est un cri » !

Son histoire

Govrache, de son vrai nom David Hébert, est né à Carentan en Normandie en 1975. Très tôt sa mère le met face à son premier dilemme : choisir entre sport et musique. Il choisit le sport, et plus précisément la boxe. A 11 ans, il gagne les championnats de France techniques de boxe américaine, il finira champion de France 4 ans plus tard. Par ce sport il apprend la volonté et l’acharnement. Son professeur de français lui fera aimer la poésie et lui donnera le goût de la littérature. Durant ses études de philo à Caen, David, commence à gratter les cordes de sa guitare. Il s’y essaie doucement dans les rues, les terrasses de bar. 2012 marquera un tournant dans sa carrière. Avec « Panne d’essentiel » il exprime son dégoût de la vie de luxe après avoir joué au poker. Il rejoint Paris et devient Govrache. Les concerts s’enchaînent autant que les prix. Son premier disque « Bleu de travail » sera honoré du prix Georges Moustaki. Avec « Merde chui prof », il parle de la difficulté de ces professeurs qui n’ont plus d’autorité sur leurs élèves. Renaud, Gauvain Sers, choisissent de le mettre en lumière, au Café de la Danse puis à la Cigale et en tournée. Un souffle nouveau et une nouvelle vision artistique naissent de cette expérience. Ces concerts affichent complet à chaque fois.

Retour aux mots et à la poésie

Que ce soit dans « l’homme trottoir » où il décrit la vie d’un SDF, les mots sont poignants « t’as que des trous au fond des proches ». Mais c’est surtout le regard indigné d’une société qui ignore les défavorisés. Il se souvient aussi « du bout de la table comme un fragment d’éternité. C’est Noël. Il y a la grand-mère qui n’entend plus que des yeux…. » Et cette vie qui passe vite… Cette ode à sa femme « qui n’est pas une princesse, c’est comme une fée mais en mieux ».. La chanson d’amour d’un apprenti poète « prendre 4 accords, le dictionnaire et chercher les rimes. J’avoue que cela prend du temps ! ». Les politiques ne sont pas épargnés (joliment), les fractures sociales non plus, seul compte l’essentiel, le respect et le choix de vie de chacun. Les deux disques « des murmures » et « des cris » sont les deux facettes de ce personnage qui n’a pas fini de nous surprendre. C’est touchant et c’est beau.

Dany Blanc